FRED KLEINBERG « Portraits »

Il est probable que Fred Kleinberg ait croisé ces fameuses lignes de Henri  Michaux :
"Dessinez sans intention particulière, griffonnez machinalement, il apparaît presque toujours sur le papier des visages. Menant une excessive vie faciale, on est aussi dans une perpétuelle fièvre du visage. Dès que je prends un crayon, un pinceau, il m´en vient sur le papier, les uns après les autres, dix, quinze, vingt. Et sauvages la plupart. Est-ce moi tous ces visages ? Ce sont d´autres ? De quels fonds venus ? Ne serait-il pas simplement la conscience de ma propre tête réfléchissante?"
Peut-être, comme le dit ce poète, ce que l´on cherche, est ce à quoi on revient toujours, parfois malgré soi, est le visage. Peut-être "La mémoire au corps" est-elle avant tout la mémoire du corps de soi, celle à laquelle on n´échappe jamais.

ltzahk Goldberg
Historien d´Art, Février 2000