Dick Turner

Dick Turner - 2006
Artiste, Compositeur

J'ai trouvé lors de visites dans des hôpitaux pour malades incurables l'inspiration pour la série de tableaux Les malades. J'ai été frappé par les patients dans les couloirs, assis dans leurs lits, les gens que j'ai vus dans la salle à manger, etc....

J'ai vu dans ces lieux un autre calme, un calme différent de celui que j'ai vu auparavant; un calme parfois assez violent, du moins, calmement violent dans son effet sur mon esprit. C'était une vision de la vie réduite au minimum, une vie d'attente au-delà de l'espoir, au-delà de nos définitions, de nos paroles. Peut-être faut-il ajouter que, dans ces hôpitaux, le temps a l'air de s'écouler différemment. Les jours se ressemblent, les saisons, les heures aussi.

Techniquement, dans Les malades, je me suis efforcé de faire le minimum possible pour créer un tableau : pour peindre un visage je n'ai souvent fait que quelques traits, pour créer un espace, deux couleurs.

Tous mes projets commencent avec ou sont une réponse à une idée à laquelle je ne peux échapper. Dans mon opéra Reflections on the Large Glass il s'agit de mes idées sur le Grand Verre de Duchamp - ses motivations, l'esprit ludique dans le tableau, etc. La « Smile Machine » (machine à sourire) était une réponse à mes idées sur la relation entre nos corps et notre psychologie. Dans la pièce de théâtre A Different Day je me suis intéressé à la manière dont nos corps influencent nos pensées possibles. Dans l'action « Le miracle séculier », il s'agissait de montrer comment nous sommes définis par l'espace où nous nous trouvons.

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